abstentionnistes, encore un effort !

proposé le 12 juin à Agoravox, et toujours dans l’espace de modération…

« nous avons obtenu la majorité absolue, devenant la première force politique du pays, bien loin devant la france insoumise, le front national, en marche, les républicains, et tous les autres partis. prenons conscience de notre immense force !

bien loin devant les « orateurs », les baratineurs de toutes sortes, les boni-menteurs, les parle-menteurs, qui à coups de grands discours, meetings, harangues, où ils parlaient parlaient parlaient, sans jamais nous donner la parole, nous, tranquillement, en silence, leur avons opposé un démenti cinglant.

ils ont eu beau essayer de nous convaincre en nous faisant miroiter des pro-grammes, tous plus beaux les uns que les autres, tous bâtis sur des raisonnements imparables, des chiffres à vous en tourner la tête, à grands renfort d’experts tous plus qualifiés les uns que les autres, à grand renfort de stratégie et de tactique. n’empêche, ils ont perdu la bataille. un quarteron de députés ne représentant à peine plus qu’eux-mêmes, voilà ce qu’ils sont.

ils ont eu beau dépenser des fortunes scandaleuses en tracts, meetings, clips youtubesques, locations de salles, grandes manifestations publiques protégées par les forces publiques à nos frais, se dépenser à grands renforts de mille itants, pauvres mille itants obligés de sonner aux portes, courir les marchés et les rues, faire les services d’ordre, la sono et le ménage, nous autres, sans même bouger le petit doigt dimanche, leur avons mis le nez dans le caca.

nous pouvons être fiers de nous et nous revendiquer comme tels : nous sommes, et de loin, la première force politique du pays !

ils ont eu beau mettre en avant leurs « artistes », leurs « intellectuels », essayer de nous soudoyer, de nous humilier, de nous faire la morale (genre « il y en a qui sont morts pour que nous ayons le droit de vote ». tu peux me citer les noms de ceux qui sont morts pour que j’aie le droit de vote ?), nous avons défié et vaincu leur grosse machine, les médias accourus à la rescousse, et tous mobilisés, simplement, qui en restant au lit à faire l’amour, qui à la plage, qui autour du barbecue avec les copains, qui à boire le pastis et rentrer à quatre pattes tard le soir, qui à lire Confucius, qui à peindre un tableau ou écrire un poème.

aujourd’hui, nous pouvons les regarder, narquois, tous les perdants qui vont se retrouver obligés de porter cravate (car c’est obligatoire quand on est député dépité) et faire semblant de représenter un peuple qui leur a cagué dans les doigts et laissé le bulletin de vote pour se torcher avec… ce que nous pouvons appeler la farce du peuple.

et je les entends les de droite dire : « oui, c’est à cause de vous, salopards, que la gauche est passée ! », et je les entends les de gauche dire : « oui, c’est à cause de vous, salopards, que les fascistes sont passés ». mais peu m’en chaut (oui, du verbe chaloir), peu m’en chaut. je les ai vus, la queue entre les jambes ce matin sur le marché, venir me remercier de m’être abstenu.

non, en fait, ils ne venaient pas me remercier de m’être abstenu. personne sur le marché, pour dire « vous avez voté pour moi, merci, j’ai été battu, je suis désolé, faut que je file à pôle emploi chercher un nouveau job et m’inscrire au RSA. »

je dois vous mettre en garde, abstentionnistes, mes soeurs, mes frères. méfiez-vous de leurs beaux discours. demain, vous allez les voir revenir vous prier, vous supplier, se mettre à genoux pour quémander vos voix pour le deuxième tour. car ça va être très dur pour eux. les maigres miettes qui leur restent, ils vont se battre entre eux comme des chiens sauvages pour les ramasser. ça va être un combat féroce.

ne vous laissez pas séduire, ne vous laissez pas acheter, cajoler, embobiner, ne vous laissez pas succomber à la peur ou à la honte dont ils vont essayer de nous stigmatiser. notre combat est presque achevé, il ne nous reste qu’un tour de scrutin avant de pouvoir nous reposer de l’immense effort que nous avons dû faire, pour, tels Ulysse sur son bateau ne pas succomber au chant des sirènes. bientôt le second tour, préparons soigneusement notre programme.

A Bordeaux ils ont fêté ça avec une grande auberge espagnole, musique, concert, rencontre, discussions.

préparons nos programmes dans chaque ville, village, quartier, ou plus égoïstement tout seuls ou en famille. car le combat n’est pas fini le 18 juin : il nous reste les prochaines élections à préparer, les européennes je crois, puis les municipales, puis, de nouveau les présidentielles en 2022 …

la force est avec nous. une force tranquille. majestueuse, immense. »

le 21 juin:

je rigole beaucoup en écoutant les « commentaires » et « analyses » des uns et des autres sur la question. notamment celles du député de la 4è circonscription de Marseille.